haut potentiel...

L’enfant surdoué en quelques chiffres :

  • Les surdoués représentent environ 2% de la population totale.

  • Proportion identique de filles et de garçons.


Jeanne Siaud-Facchin préfère parler de zèbres car chacun d'entre eux possèdent une zébrure unique, comme le sont nos empreintes digitales!

"Je continuerai donc à préférer le zèbre, cette terminologie que j'ai choisie pour se dégager des représentations pesantes. Le zèbre, cet animal différent, cet équidé qui est le seul que l'homme ne peut pas apprivoiser, qui se distingue nettement des autres dans la savane tout en utilisant ses rayures pour se dissimuler, qui a un besoin des autres pour vivre et prend un soin très important de ses petits, qui est tellement différent tout en étant pareil. Et puis, comme nos empreintes digitales, les rayures des zèbres sont uniques et leur permettent de se reconnaître entre eux. Chaque zèbre est différent. Je continuerai alors à dire et répéter que ces « drôles de zèbres » ont besoin de toute notre attention pour vivre en harmonie dans ce monde exigeant. Je continuerai à défendre tous ces gens « rayés » comme si ces zébrures évoquaient aussi les coups de griffe que la vie peut leur donner. Je continuerai à leur expliquer que leurs rayures sont aussi de formidables particularités qui peuvent les sauver d'un grand nombre de pièges et de dangers. Qu'elles sont magnifiques et qu'ils peuvent en être fiers. Sereinement."

"Z comme Zèbre, comme de A jusqu'à Z, comme Zorro qui veut faire justice, toujours et partout, ou encore comme la liaison qui rappelle que ce sont des Z'émotifs, des Z'errants, des Z'insoumis, des Z'ermites, des Z'oubliés…"


Quelles sont les caractéristiques d’un zèbre ?

• L’hypersensibilité : elle est présente chez tous, et plus ou moins perceptible selon les capacités de chacun à la gérer ; la personne est branchée en permanence sur son environnement affectif. Les capacités de ses organes sensoriels sont exacerbées : l’ouïe, la vue, l’odorat, le goût et le toucher.

• Le sens de la justice : hypersensibilité face aux situations d’injustice, de l'équité, moralité. Intolérance à l'injustice, pour lui et pour les autres..

• L’empathie : l’enfant surdoué ressent avec une très grande finesse l’état émotionnel de son entourage.

• La lucidité : l’enfant porte un regard très lucide sur le monde ; il est très souvent en état d’hypervigilance émotionnelle. Cette lucidité entraîne parfois le doute, la peur de l'échec...

"On ne peut pas se penser intelligent, quand on mesure ses propres faiblesses avec la lucidité aiguë du surdoué, qui ne lui permet aucun aveuglement."

Arielle Adda, dans "Que sont les enfants doués devenus ?"


Apprentissage et comportement :

• A parlé très tôt (ou bien plus tard, mais parfaitement, avec un vocabulaire très riche et précis et une réelle justesse dans l'utilisation des temps de conjugaison complexes comme le subjonctif)

• Grande curiosité

• Intensité - hyperstimulabilité (niveau de réaction plus élevé aux stimuli, être "plus " tout : plus rapide, plus agité, plus attachant, plus exigeant, plus généreux, plus impatient, ...)

• Hyperesthésie ou exacerbation des cinq sens (hyperréactif aux stimuli sensoriels)

• Imagination débordante (enfant souvent "dans la lune"), grande créativité, sens artistique développé

• Intérêt très varié : passe facilement d’un domaine à un autre

• Grande capacité d’observation

• Grand perfectionnisme (minutie)

• Respect des règles bien comprises ("logiques"), mais tendance à questionner l'autorité non fondée

• Supporte mal l'échec

• Ses centres d’intérêt : l’origine de l’homme, les encyclopédies, les sciences, les jeux compliqués... les grandes questions existentielles...

• Attirance pour les enfants plus âgés ou les adultes

• Ne supporte pas l’autorité brutale

• Très bonne mémoire

• Ne supporte pas d’apprendre bêtement

• Souvent des difficultés dans l’écriture (dysgraphie)

• Apprend plus vite et plus de choses à la fois (peut faire plusieurs activités en même temps, à besoin de manipuler des objets pour être attentif)

• Apprend souvent à lire seul avant le CP (ou pas!)

• Capacité d'attention, persévérance : forte si l'intérêt y est; faible, voire nulle, sinon

• Grand sens de l'humour (et humour très particulier, souvent incompris)

• Idéalisme, altruisme, compassion

• Grande capacité de raisonnement/résolution de problèmes

• Peut être synesthète


La synesthésie

Du grec syn (ensemble, union) et aesthesis (sensation).

Il s'agit d'un phénomène neurologique par lequel deux ou plusieurs sens sont associés.

Le synesthète associe involontairement et spontanément des perceptions sensitives entre elles, alors qu'elles ne sont pas sensées être liées.

Il y aurait jusqu'à 4 % de synesthètes dans la population.

Un synesthète associera naturellement les lettres ou les chiffres à des couleurs qui lui sont personnelles. On parle alors de synesthésie "graphèmes-couleurs" (qui représenterait 64,9 % des synesthésies) ou de "synesthésie numérique". Les phonèmes, les mots, les jours de la semaine peuvent aussi apparaître colorés... ou posséder une personnalité propre.

Il existe d'autres synesthésies moins répandues. Par exemple, des sons ou des musiques associées à des couleurs, à des goûts, à des odeurs... ou pour la "synesthésie spatio-temporelle", avoir une représentation visuo-spatiale de la temporalité (ruban, cercles, spirale...).

Tout ce qui touche aux cinq sens peut être concerné.

Les perceptions synesthésiques ont une charge émotionnelle.

On peut considérer la synesthésie comme une forme d'hypersensibilité.


La pensée en arborescence du surdoué :

La pensée des enfants surdoués s’organise en arborescence (contrairement à la pensée séquentielle) ; la pensée est toujours en marche, de façon parfois vertigineuse ; chaque idée se subdivise en de nouvelles idées qui se redivisent en de nouvelles idées.

La pensée en réseau (arborescence) se déploie dans plusieurs directions simultanément, à grande vitesse et sans limites. C’est une source importante de créativité mais c’est aussi:

  • une difficulté à sélectionner l’information pertinente car la pensée est confuse parfois lorsque l’enfant est confronté à une question, un problème ou une tâche en classe,

  • la nécessité d’organiser cette pensée dans un cadre dans lequel elle évolue afin que l’enfant se sente sécurisé au quotidien sur le plan affectif, émotionnel et social.


Pourquoi la nécessité d’un diagnostic ?

L’enfant à haut potentiel non dépisté est incité à se conformer à l’attente de l'enseignant, de ses parents, de ses camarades. Pour se conformer à la norme, il s’imposera une contrainte interne qui sera une barrière à l’expression de son potentiel. Il renoncera à ses aptitudes, dans une tentative de normalisation, dans un effet inconscient de re-synchronisation.

Le diagnostic permettra aux parents et à l’entourage de comprendre :

• les débordements fréquents vers 3-4 ans et beaucoup plus importants à l’adolescence

• les difficultés scolaires : 50% d’échecs scolaires en 3ème

• les problèmes d’adaptation : pourquoi il n’a pas de copains, pourquoi il préfère rester seul.

Lorsque l’on peut rattacher ces troubles au concept de précocité, cela donne un sens et permet une intervention beaucoup plus ciblée.


Pourquoi y a-t-il beaucoup d’échecs scolaires chez les enfants intellectuellement précoces ?

• L’enfant s’ennuie vite

• N’écoute pas la suite des cours

• Peut perturber la classe ou rêver

• Ne supporte pas la lenteur des autres

• N’aime ni routine, ni les exercices répétitifs

• A beaucoup de mal à argumenter sa pensée

• A beaucoup de mal à organiser ses idées

• Peut refuser les compétences fondamentales

• Peut élaborer des concepts exagérément compliqués

• Remet en cause les méthodes d’enseignement


Comment aider un enfant intellectuellement précoce ?

• En l’identifiant très tôt pour prévenir l’apparition des désordres psychologiques et l’échec scolaire.

• Comprendre et accepter ses particularités pour répondre à ses besoins.

• Le stimuler sur le plan intellectuel pour qu’il mette en œuvre sa créativité ; il faut s’attacher à lui donner le sens de l’effort, de l’organisation et l’aider à acquérir des méthodes de travail.

• Lui accorder un saut de classe quand c’est nécessaire.


En conclusion :

Si l’enfant précoce est diagnostiqué tôt, et si tous les partenaires autour de lui prennent des dispositions adaptées à ses particularités, sa surdouance ne sera pas un handicap. Être un enfant à haut potentiel est une chance, mais elle s’accompagne d’une grande sensibilité et d’une grande fragilité qui peuvent entraîner ces enfants vers une attitude dépressive et une perte du désir d’apprendre.

Il est important de dépister très tôt cette précocité, pour en faire un atout et non un handicap. De l’aide des parents et d’un accompagnement adapté dépend l’avenir de ces "surdoués".


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