Le déclin de l'enseignement secondaire

Pour l'historien et essayiste Jacques Julliard, la France est en déclin. Et le diagnostic est clair. L'Etat français est victime, depuis une trentaine d'années, d'une pédagogie bêtifiante qui accumule les échecs et les frustrations. On n'apprend plus assez à l'école.

Il arrive que de mauvaises nouvelles aient de bons côtés. La mauvaise nouvelle, confirmée par le sondage Harris Interactive pour Challenges - mais est-ce encore une nouvelle ? -, est que la France est en déclin. Presque la moitié des Français le pensent, contre seulement 13% qui sont d'avis contraire. La bonne nouvelle est que la grande majorité a une conscience aiguë des formes de ce déclin. Les deux tiers d'entre eux placent en tête l'affaissement du niveau scolaire des élèves, bien avant le déficit commercial ou l'amoindrissement de la puissance militaire du pays.


Je ne suis pas de ceux qui pensent que le peuple a systématiquement raison contre ses élites. Mais dans le cas présent, la population établit un diagnostic juste, perspicace, alors que les élites se bercent de formules creuses ou regardent ailleurs. Ayant appartenu au petit nombre de ceux qui, depuis quinze ans, s'égosillent à sonner l'alarme, je sais trop qu'il se trouvera toujours des experts, des sachants, de brillants socio-pédagogues pour minimiser, rassurer, en tout cas pour claironner que le retour de l'école à ses missions d'instruction de base ne ferait qu'aggraver la situation. Tout récemment encore, une brochette de psychologues entreprenait de nous faire croire que c'est l'esprit de compétition qui est responsable du mauvais fonctionnement de l'école.


Au devoir, aux leçons, on a substitué la bienveillance, comme si elle pouvait se substituer à l'effort.

Seigneur! Dans le temps même où toute forme d'émulation a disparu des classes et où, année après année, les classements internationaux pointent du doigt le recul de l'école française par rapport aux pays étrangers, et cela aussi bien en ce qui concerne le français, les langues vivantes que les mathématiques ! A l'école du devoir, des leçons et de la recherche du résultat, on a substitué la bienveillance. Comme si la bienveillance, qui n'a jamais manqué aux hussards noirs de la République, pouvait se substituer à l'assiduité, au travail et à l'effort!

Décidément, l'Etat français est victime, depuis une trentaine d'années, d'une pédagogie bêtifiante qui accumule les échecs et les frustrations.



On sait que "l'école des quatre jeudis" a été pensée par nos brillants psychopédagogues comme un lieu récréatif, où l'élève invente son savoir sous le regard attendri des maîtres et des maîtresses.

[...]

Les grands pays modernes, asiatiques notamment, ont compris que leur puissance, quelle qu'en soit la forme, économique, culturelle ou militaire, dépendait d'abord de l'accroissement du niveau éducatif de leur population. C'est le secret de la montée en puissance d'un pays comme la Corée du Sud, dont je ne sache pas que les écoles donnent spécialement dans le mode bisounours.






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